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Expérience vécue

Texte et illustrations Jacques Foucher



Ma traversée de la France en ULM
août 2008

Par Jacques Foucher

Mon ULM est basé à Chambley et moi près de Nantes... Un problème qui ne peut se résoudre que par un rapatriement aérien. Or cet appareil de ma fabrication n'a pas volé depuis plusieurs mois. Pour être honnête il n'est même pas tout à fait fini. Volable, mais pas fini...


Comment déménager dans l'Ouest, près de Nantes en ayant construit un ULM dans l'Est ? En traversant la France d'Est en Ouest bien sûr, et l'ULM n'y échappe pas ! Sauf que pour affûter l'appareil qui est tout juste testé en vol, il faut faire à chaque fois 1600 km en voiture avec 800 km à l'aller et 800 km au retour et ça, ça complique singulièrement la tache, pas question d'oublier quelque chose, par exemple un outil spécifique indispensable. Et puis il faut être disponible, et puis il faut la météo, et puis... Et puis ! Allons, pas de panique ! on va essayer de faire une chose à la fois ! Tout d'abord, suis-je capable d'entreprendre cette traversée, seul dans un monoplace de construction amateur ? C'est finalement la première condition indispensable à remplir. Le problème n'est pas tant la formation théorique ou la préparation du vol que le temps passé aux commandes en vol, et là, je suis ''sec'' !



Quatre petites dépressions encadrent la France
A coup sûr, il va se passer quelque chose au niveau météo ! Nous traquons le beau temps depuis une quinzaine de jours, rien que ça ! Je dis nous puisque dans cette aventure Marc, mon fils est le fidèle support à toutes mes inquiétudes car dans cette histoire de la traversée de la France il est parfois difficile de distinguer précautions et inquiétude, surtout connaissant mon caractère . L'analyse de la météo est primordiale puisqu'il faut, dans notre future traversée, non seulement une très bonne météo, mais aussi qu'avant, nous puissions tester une dernière fois l'appareil, qui n'a que trois heures de vol ! L'Himax doit être contrôlé sous toutes les coutures puisqu'il est stocké dans un hangar du club depuis un an et que le moteur n'a même pas tourné depuis trois mois, c'était lors de notre dernière visite .Il faut, par exemple, vidanger le carburant pour le remplacer par du carburant frais, tout vérifier de A jusqu'à Z, et ça prends du temps tout ça !
En effet il est impossible de s'accoutumer aux commandes d'un appareil sans voler avec, et à 800 km de distance c'est difficile... J'ai continué à voler dans l'ouest de la France, en m'inscrivant dans un Club, près de chez moi, mais c'est un peu différent, même si ça maintient un bon niveau de pilotage. La réponse toutefois, à la question précédente, semble raisonnablement être un petit ''oui'', pour ce qui est du pilotage. Pour le reste, la construction, le côté technique, je n'ai pas de joker... Il faut faire confiance aux multiples précautions prises depuis le début du projet de réalisation de cet appareil. La machine se comporte merveilleusement bien en l'air, ce qui donne confiance, et le moteur, un Rotax 503 de 600 cm³ tourne rond, du haut de ses 55ch... Enfin, il tourne rond... maintenant ! Car nous avons eu notre lot de problèmes (avec le circuit d'essence entre autres), comme 70% des constructeurs amateurs paraît-il. Enfin, pour nous c'était quand même particulier, l'avion (oui je sais, c'est encore un ULM car, c'est le poids qui le différencie !) l'avion disais-je restant de nombreux mois dans l'Est et nous de nombreux mois dans l'Ouest, il y avait grandement le temps pour avoir des problèmes... Et bien sûr, nous en avons eu ! La piste de Chambley Air Base fait 2600 m de long par... Au moins ça de large ! Bref, une piste d'avion de chasse juste pour nos essais et ça, c'était un luxe qui en plus, apportait une sécurité extraordinaire. Il suffit de survoler cette ancienne base de l'OTAN pour se rendre compte qu'en cas de pépin, on peut se poser presque n'importe où !



Le moteur cafouille
Ajoutons pour le néophyte que, quand un pilote décolle, il a déjà choisi ce qu'il fera si ça se passe mal, c'est le ''briefing panne au décollage'' (inconnu de beaucoup de pilotes ULM malheureusement) et quand l'environnement est favorable, comme ici, c'est beaucoup plus confortable. Par exemple il est totalement exclu de faire demi-tour en cas d'arrêt moteur au décollage, la manoeuvre est totalement perdue d'avance (ce qui n'empêche pas la liste de ceux qui font cette erreur de s'allonger tous les ans, et parallèlement celle des morts). En Aviation, la sanction immédiate à une erreur grave est la mort, ni plus... ni moins... Quatre fois de suite, au décollage, le moteur cafouillera !!!, perdra de la puissance et nécessitera de reposer d'urgence en utilisant au mieux l'énergie des 5 mètres d'altitude atteinte, lors de ces tentatives... La première fois, lorsque survient le problème, je maintient ma vitesse pendant la manœuvre d'urgence, ce qui nécessite d'agir immédiatement puis il suffit de poser l'appareil... Tout simplement. Avec 2600 mètres de piste, c'est facile ! Bien qu'il faille agir très rapidement et bien sûr sans abimer quoi que ce soit, on sait déjà que la bonne trajectoire est ''droit devant'', sur ce qui reste de piste, et avec 2600 m, il en reste largement. La deuxième fois, on est encore plus attentif lorsque l'on tente le décollage car, cela s'est déjà produit et... si ça va mal... La deuxième tentative se terminera de la même façon qu'au premier décollage... A la troisième tentative (après avoir contrôlé, modifié tout ce qui nous semble susceptible de causer la panne entre chaque essais) vous imaginez bien que c'est déjà plus inconfortable, car le côté psychologique de l'opération prends le dessus ! (du style, j'y vais, j'y vais pas !). Ceux qui achètent tout fait un appareil, qui se font ''lâcher'' sur l'appareil par une prise en main du vendeur, ne saurons jamais ce que c'est que d'assumer les essais en vol d'une machine, avec les problèmes techniques à gérer en même temps que le pilotage. C'est comme prendre sa voiture et démarrer en se préparant à tous les cas de figures si un problème de quelque sorte que ce soit se présente ! (une porte qui s'ouvre, une roue qui s'en va toute seule, une trajectoire qui serait instable, une vibration du moteur, un arrêt brusque de celui ci, plus de pédale de frein, une boîte de vitesse bloquée etc). Là, vous touchez du doigt la préparation des tests en vol, et encore, une voiture, ça reste au sol ! Si vous n'utilisez pas de check-list écrite, oublier quelque chose d'indispensable est juste une question de temps. Mais revenons à l'avion, en fait, nous arrivons à déterminer que nous décollons avec la quantité de carburant contenu dans les cuves à flotteurs des carburateurs.


Préparation et révision

Problème...S d'essence
La pression d'essence est trop faible pour les remplir assez rapidement lorsque l'on est plein gaz pendant le maximum de puissance demandé au décollage. Le moteur consomme plus de carburant que l'écoulement des réservoirs lui en distribue, et pourtant, nous avons trois heures de vol sans problème du genre ! Dans la manœuvre de sauvegarde qui consiste à reposer l'avion droit devant, je n'oublie pas de réduire les gaz (pour éviter un atterrissage plein gaz si le moteur se décide à reprendre ses tours ! Ce qui serait plutôt dangereux). Nous observons, Marc au sol (avec un copain de Club, venu voir, notre ami Roger) et moi dans l'appareil que, lorsque l'on réduit les gaz pour amener le moteur au ralenti, celui ci reprend ses tours pour finalement se stabiliser au ralenti, ensuite. Donc la consommation dépasse le débit de carburant, nécessaire au remplissage des carbus ! Une fois posé, le moteur au ralenti, les cuves se remplissent doucement et lorsque nous les retirons pour contrôler, nous ne voyons rien d'anormal ! C'est comme si on se trouvait en présence de tuyaux de section insuffisante. Le test du débit a été fait en temps utile et c'était largement bon... Alors ? Nous cherchons d'où vient le problème... Et il fait beau, et il fera beau et ce serait maintenant qu'il faudrait la faire cette traversée, et nous n'avons pas trop de temps d'attendre que la météo se dégrade. Heureusement, ce ne sera pas le cas, mais nous ne pouvons pas nous empêcher de penser ''aussi'' à cet aspect du problème de notre traversée. De plus, nous ne pouvons pas laisser tourner le moteur plein gaz assez longtemps au sol pour constater la panne, notre manque d'expérience et la peur de tout casser nous en empêche, car les 55 ch remuent de l'air devant ! Même l'appareil amarré solidement, c'est impossible. Un simple manomètre sur la ligne 'alimentation d'essence aurait suffit ! Nous ne le savions pas à l'époque ! Il fait désormais partie de cet outillage spécifique dont nous parlions plus tôt... L'expérience fait l'homme. Il faut être à la fois, ingénieur, concepteur pour certaines choses, pilote, ''d'essais'' qui plus est, mécanicien, météorologue, psychologue, financier, magasinier etc. Et c'est parfois dur de tout prévoir.Voilà pourquoi, il est rare, très rare que le constructeur d'un appareil en fasse ''aussi'' les test complets.
L'atelier Rotax de Dreux, appelé au secours sera très performant ! Pression d'essence trop faible. Et pourtant nous avons mesurés il y a... 1 an (déjà !).



Foutu 98... foutu gazole
La pompe est soupçonnée et nous commandons en catastrophe le kit de réfection complet, ce qui ''consommera'' encore un jour de notre semaine de beau temps prévu. Finalement, ça marche et après quelque circuit en l'air autour de la piste, tout va bien. Pourtant, quelque chose nous chagrine encore car l'avion a volé il y a un an sans aucun problème, alors qu'avons nous fait depuis ou que n'avons nous pas fait qu'il aurait fallu faire ? Nous avons mis du sans plomb 98 par erreur, ce qui a détruit les membranes de pompe, à cause du benzène de ce type de carburant ! (les nouvelles membranes sont garanties pour le sans plomb 98 !). De plus, les bidons ont servi par erreur (encore), à transporter du fuel domestique. Ils ont pourtant été rincés encore et encore mais... il devait rester un film de gasoil dans les bidons. Enfin, ça vole bien et il nous reste à connaître l'autonomie réelle du zinc. On verra ça demain lors d'un dernier test en vol, voilà encore une journée de passée. Le lendemain, pour tester l'autonomie, nous décidons de vidanger tout pour mesurer exactement la quantité présente, que l'on aura ajoutée dans les deux réservoirs d'ailes.
Alors on vidange ! Tient c'est tout ce qui reste !? Escabeau visite du premier réservoir d'aile...Vide, bien...Visite du deuxième réservoir... Plein ! Comment ça plein ? La durite de vidange est dans un bidon, il ne coule plus rien et le réservoir est encore plein ! Alors, c'est que quelque chose empêche le carburant de ce réservoir de s'écouler. Démontage du réservoir (pas facile, il est plein le salopard !) et force est de constater que la durite de sortie est bouchée par une sorte de confiture rouge grenat, une sorte de gelée rouge ! Voilà donc l'origine de nos problèmes au décollage, mais cette gelée rouge, c'est quoi ? Et bien ce sont des bactéries ! Oui monsieur ! Des bactéries, dont un échantillon conservé passera sous le microscope et prouvera qu'elles viennent bien... du fuel domestique ! (vous vous souvenez du mauvais usage des bidons d'essence !). Nous constatons que la chance nous poursuit... Mais si ! Sans ces problèmes, on était sûr de tomber en panne sèche avec... Un réservoir encore plein mais inutilisable. Il vaut mieux avoir des problèmes avant que pendant, en aviation. L'art semble difficile. En tout cas, maintenant, il faut changer toutes les durites, redémonter la pompe, nettoyer les carbus, passer le tout à l'antibactérien (qui existe pour les circuits de fuel comme par hasard !) tester, tester encore et...voler. Tout se passe bien maintenant au décollage, enfin ! J'avoue que j'ai l'oreille dans le moteur à chaque tentative, mais tout marche en même temps, maintenant. La journée suivante, après un sommeil toujours difficile dans les hangar du club, se passe sans que l'on s'en aperçoive et nous réfléchissons le soir au piège des réservoirs, avec 100% de carburant à bord, nous n'avions que 50% d'autonomie... ça c'est Vraiment un gros piège...
Il y a toujours un 'avion . ''Mefiez-vous des fausses connaissances qui sont plus dangereuses que l'ignorance'' dit la citation. Demain est programmé un long vol pour tester la durée de vol réservoir plein. La consommation horaire nous suffit, encore faut il bien la connaître.




L'autonomie en question
Le lendemain, après maintes vérifications et contrôles, je décolle avec une quantité de carburant connue et mesurée précisément, et c'est parti pour 1h30 de vol au minimum, ce qui correspond à l'étape la plus longue du parcours. Si aujourd'hui tout ne va pas comme sur des roulettes, nous reporterons cette traversée et reviendrons avec une longue check-list pour tout revoir, car tout à été vérifié de fond en comble et ce ne serait vraiment anormal si ça continuait à aller mal. Je vole sans capot moteur tout simplement parce qu'il n'est pas encore construit. Sur mon moteur, c'est un circuit d'air forcé par un ventilateur entraîné par courroie qui refroidit les cylindres et avec ou sans capot, c'est pareil pour le refroidissement des cylindres, sauf pour... l'autonomie à cause de la traînée (la résistance à l'avancement), voilà donc pourquoi je veux connaître le temps de vol réservoir plein. La vitesse de croisière sera également connue. Je ne m'attends pas à des chiffres extraordinaires, d'abord, parce que sans capot moteur, ce n'est pas très ''aérodynamique'', et puis, les ULM très performants sur catalogue, je les laisse aux autres, je n'ai ni passager à emmener, ni horaires à respecter, c'est un loisir pour moi et un quart d'heure de plus sur une étape, ce sera un quart d'heure de plaisir en plus, tout simplement. L'important, c'est ma sécurité et celle des autres. L'appareil vole comme un Piper J3 Cub et si j'avais voulu quelque chose de plus rapide, j'aurais mis beaucoup plus d'argent sur la table. L'augmentation de la puissance coute cher quand à l'aérodynamique, c'est pour des avions beaucoup plus pointus à construire en dehors d'une usine.



Derniers tests concluants
Marc me contacte de temps en temps avec la radio du club, au cas où un problème surgirait. En effet, je veux être à proximité des pistes. La météo est toujours bonne... Je contemple cette base vue du ciel, avec ses ''marguerites'' en béton, ses vieux hangars, les petits hangars verts du club, le parking à voiture. Plus loin, on constate un triangle où l'herbe pousse différemment, peut être l'ancien terrain de baseball des américains d'alors, il y en avait 3000 sur cette base à l'époque, dont un célèbre, Collins, qui a volé plus tard sur Apollo 11, et s'est marié ici, sur cette base dans la chapelle qui existe encore, et que je survole maintenant. Tout près, l'étang de la Chaussée dessine son contour, et au loin, les côtes de Meuse qui me verront passer demain matin, si techniquement, tout va bien aujourd'hui, car la météo est excellente pour plusieurs jours à venir, avec un petit vent d'Est qui nous poussera vers notre destination. Finalement, tout roule et demain matin, je partirai vers l'Ouest : 660 km de parcours... En attendant, la haut dans cet avion que j'ai construit de mes mains à partir d'un plan, de madriers de pin d'Oregon finement débités par un menuisier de Metz, et de beaucoup de passion, parfois de doutes aussi, je pense à la navigation que j'ai préparée très soigneusement avant de venir, les terrains d'étapes, les terrains de dégagement en cas de nécessité, les différentes fréquences à utiliser, les zones militaires, les parcours GPS déjà programmés selon toutes les différentes éventualités, et même la répétition du survol virtuel à partir d'un logiciel '' la France vue de l'Espace'' (google Earth n'existe pas encore !), mais aussi les temps de vol prévisibles avec mes 110 km/h de croisière sans vent. Avec un capot moteur ça aurait été mieux, mais pour le fabriquer, il faut ramener l'avion dans l'Ouest, près d'un atelier. Et puis il y a l'adaptation d'hélice qui me laisse un souvenir coriace ! Ah ! l'hélice j'ai quelques cheveux blancs en plus à cause de l'hélice, ça n'a pas été facile. Sur le papier, adapter une hélice c'est simple quand on en a plein l'atelier mais il faut d'abord les acheter pour les essayer ! Et ça, c'est plus dur. Patrick ''mécanique-man'' du club me viendra en aide. Tout en volant, je pense à Rose-Marie qui m'attend dans L'Ouest et que je rassure, d'une voix si possible tranquille, assez régulièrement au téléphone.
La poignée du parachute au plafond du zinc me rappelle que c'est la seule chose que je ne peux pas tester, mais qui doit fonctionner à coup sûr en cas de gros pépin.
L'aiguille du variomètre ondule gentiment, avec un peu de retard, au rythme des turbulences et, à force de refaire presque toujours le même circuit, je devine où je vais trouver les ascendances et les remous, (les trous d'air des non initiés !). Il n'y a (heureusement) jamais d'endroit où il n'y a pas d'air ! Mais comme l'air circule aussi en montant et en descendant, parfois on est dans la vague d'une atmosphère en mouvement. Les températures moteur sont parfaitement stabilisées, j'en viens même à me demander si les thermomètres marchent effectivement bien ! Faire des tests, c'est tout soupçonner... Le vieux chrono de tableau, donné par un ami accuse 1h30 de vol, c'est un authentique Jungmann de 1942, récupéré sur un Junker 87 ''Stuka'' crashé près de Charleville Mézière, que j'ai remis en état de marche moi même, sous la loupe de mon ancien poste de travail.


Le chrono de bord

Prêt pour aligner les kilomètres
J'entame ma descente vers la base, constate au bout d'un moment que les températures réagissent à la mise au ralenti lorsque j'aligne l'avion en finale pour un arrondi qui me semble toujours être la plus belle partie d'un vol. J'ai fait des modèles réduits d'avions pendant trente ans et c'était déjà comme ça en modélisme, j'aime beaucoup les différentes phases de l'atterrissage ! Bon, une fois posé, robinet d'essence sur OFF et mesure de ce qui reste de carburant, nous mesurons qu'il reste 1h30 de carburant (en aviation je compte le carburant en heure de vol, par rapport à la consommation). J'ai volé 1h30 plus 1 heure de vol restante ce qui fait 2h30 de vol possible, plus une demi heure de réserve au cas où, (ce qui est règlementaire, en cas de problème imprévu à destination qui nécessiterait un déroutement vers un autre terrain). C'est bien pour un petit zinc comme celui ci 2h30 plus la réserve, ma première étape doit durer 1h30 peut être 2 h au maximum, ce qui me laisse une heure supplémentaire, avec la réserve, pour me perdre ! De toute façon, j'aurais du vent dans le dos alors, côté autonomie, c'est gagné, même si je dois attendre mon tour pour me poser à l'arrivée ou que je doive me dérouter au dernier moment vers un autre terrain. Anthony, mon beau-fils s'est spécialisé dans la combustion interne des moteurs et à interprété les courbes fournies par Rotax pour choisir le meilleur régime économique, régime que j'ai bien sûr utilisé. Les réservoirs sont remplis au maximum après une très sévère visite post vol et maintenant, on va aller consulter une dernière fois sur le Net, la météo et les ''notam'' (les infos sur les terrains et autres, pour les pilotes). La nuit sera agitée au club house, car je repense à tout ce qu'il ne faut pas oublier, tout ce qui ne serait pas sur la check-list de départ... Un ami Italien (Renato) aurait bien voulu venir avec nous, mais si en plus il faut gérer un autre équipage, avec d'autres impératifs, pas disponible en même temps que nous ce sera impossible. Vous aurez compris que notre charge de travail est déjà conséquente. Nous donnons la priorité à notre traversée. Nous apprendrons Plus tard, qu'à cause de ça, il décidera de ne plus être notre ami... Il dira que je suis un ''Bad boy''... Il nous a fallu accepter cette injustice sans rien dire...


Le ''grand hangar'' date de la guerre froide

Jour J ; instant T
Six heures du matin, nous poussons la lourde, très lourde porte de hangar qui à vu passer des avions de chasse, des F86 sabres et des F100 Américains. Aujourd'hui, c'est un Himax, lui aussi de conception Américaine, qui va franchir le seuil de ce gigantesque hangar, qui résonne sous nos voix et dont la porte grince sous nos effort matinaux. Nous sommes tous les deux, Marc et moi courbés sur la tôle froide et rouillée. La porte roule lentement en grinçant, laissant entrer la pleine lumière du matin de juin, dans ce crissement caractéristique du frottement des roues métallique sur les rails, et qui s'accélère progressivement, au fur et à mesure que la porte prend son élan. Après une très sérieuse visite pré-vol, la voiture de marc est chargée de tout notre fourbi, où s'entasse au hasard, pèle mêle les caisses à outils, les vêtement, les boîtes de raviolis, les bouteilles d'eau, les oreillers, les sacs de couchages et tout ce qui à fait nos derniers jours ici. Un dernier coup d'œil vers l'Ouest en contournant le hangar à pied et... brouillard ! Il y a un léger brouillard matinal vers l'Ouest ! Il faut attendre, une bande diffuse de brume bouche l'horizon vers l'Ouest, mais dès que le soleil chauffera un peu, ça devrait le faire ! 6h30, allez, c'est parti pour la grande migration ! L'avion remonte les nombreux taxiways au ralenti, suivi par Marc, en voiture, qui prendra les photos. Je m'aligne sur la ''grande piste'', face à l'Est, face au petit vent matinal et je décolle.





Le grand décollage
Dans mes 180° pour venir cap à l'Ouest, je regarde pensivement cette base qui m'a donné tant de souvenirs et parfois aussi tant de peines, ce Club à qui j'ai donné des heures et des heures de bénévolat. J'ai l'impression de fermer une porte derrière moi. Le brouillard est resté coincé au raz de l'étang de la Chaussée, tout proche et se dissipe doucement semble-t-il. Je passe à côté par un très léger détour, ailleurs, c'est clair. Dans ma poche, j'emmène un éclat de piste arraché à l'endroit ou j'ai été ''lâché'' à la fin de mon brevet par Gilbert, ''MON'' instructeur et un éclat de l'endroit du premier décollage de l'Himax. Ont peut les voir, aujourd'hui, trôner ensemble sur la bibliothèque de mon salon. Je vois les antiparasites de bougies onduler régulièrement au rythme des vibrations du moteur (rappelez vous, il n'y a pas encore de capot moteur et je vois le haut du moteur devant moi). Un dernier coup de radio pour Marc, car il a la possibilité de m'entendre une dernière fois sur le récepteur du Club. Il va se taper la porte de hangar à refermer tout seul avant qu'il ne prenne la route en voiture pour Saint Florentin. Nous n'avons pas de liaison radio air sol en dehors des terrains équipés. Il a un tableau de marche et sait à quelle heure je dois le rappeler par téléphone une fois la destination atteinte. Je suis sur le cap de Bar le Duc, à destination de Saint Florentin Cheu que j'atteindrai dans près de deux heures, au plus tard. Survoler le terrain de Bar le Duc nécessite un petit crochet pour rester au plus près des aérodromes mais, c'est prudent. Deux heures de vol, ce n'est rien dans un avion éprouvé, testé depuis longtemps, et volant tous les dimanches, mais là, c'est autrement important, c'est le baptême des grands vols, loin des tours de piste ! Il n'y a pas une pièce que je n'ai pas fabriqué de mes mains, ce n'est pas un kit, et hormis les soudures du bâti moteur et du train réalisées par mon ami Daniel, j'ai tout fait, découpé, raboté, collé, etc. Alors, c'est très important pour moi cette traversée et j'y suis très attentif. L'air est très calme ce matin, tellement calme que je n'ai rien à faire en terme de pilotage, confortablement installé à 1500 ft dans mon fauteuil volant, surveillant les aiguilles du coin de l'œil. Mes roues défilent lentement sur un paysage magnifique. Et tout ces gens en bas dans les villages que je survole, que font-ils ? Eh Oh ! regardez donc en l'air, c'est moi qui l'ai construit ! Et je traverse la France aujourd'hui ! Où vont-ils avec leurs voitures miniatures et leurs vélos minuscules ? Et ces vaches, on dirait des jouets ! J'approche du terrain de Bar le Duc.


La piste de Bar le Duc

Seul au monde... dans le ciel
Pas un chat sur le terrain, les 'avions. Tout va bien pour moi, alors je continue vers la zone militaire de St Dizier que je dois traverser. Je ''psychote'' un peu en regardant mes jauges à essence, j'en ai une confiance très limitée. Une petite fenêtre dans l'emplanture de l'aile me permet en plus d'apercevoir le réservoir translucide et le niveau d'essence, enfin quand il y a une bonne luminosité à cet endroit. Ah si seulement j'avais une petite lampe. Soudain, par le jeu de l'orientation de l'avion, un rayon de soleil vient taper juste là où il faut, dans la fenêtre du réservoir, précisément au moment où je regarde ! Dieu aime les avions ! C'est sûr ! Les filtres à essence sont de chaque côté de l'habitacle sur les montants soutenant l'aile et j'en vois un qui coule et pas l'autre ! Moment de stress après les histoires de pression de carburant que j'ai connu. En fait c'est un phénomène de tension de surface, quand l'écoulement est régulier sur une sortie de réservoir, il faut une certaine différence de niveau de carburant pour amorcer un écoulement sur l'autre réservoir. Finalement, le rayon de soleil aidant, je retrouve la quiétude des choses qui vont bien. J'approche de St Dizier et je sors ma phraséologie des grands jours pour appeler le contrôleur militaire de la BA 113. Les NOTAMs m'ont dit que la zone était active mais enfin, nous sommes vendredi et peut être que tout le monde est déjà en week-end. ''Fox Juliet Golf Delta Charly pour St Dizier, bonjour''. Très rapidement la réponse arrive : ''Saint Dizier bonjours !'' Bien il y a quelqu'un, ça va m'aider pour avoir la clairance (l'autorisation de passer), car nous savons que la zone est utilisée aujourd'hui par des avions de chasse, des ''jaguars''. ''Rappelez en coupant l'axe de piste, Delta Charly''. Pas de problème, j'ai les yeux rivés sur elle. Je n'ai malheureusement pas de transpondeur qui pourrait faciliter mon identification sur leur radar, et je dois pas être bien gros en l'air. Après mon appel dans les règles en coupant l'axe d'une piste, assez loin de celle ci, j'entends à la radio : ''Ah, je vous vois''. Je dois donc effectivement être très petit alors ! Je collationne tout ce qui va bien mais j'apprends que ma radio ne déclenche pas bien le répondeur qui doit diffuser un message quand la zone militaire est inactive, quand il n'y a personne à la radio. Bon je suis bien sûr d'accord pour les manip's que l'on me propose de façon à ce qu'un technicien fasse le réglage. Excusez moi, je n'ai pas la puissance d'une radio d'avion de chasse !S'en suit un réel quiproquo du genre ''attendez 5 secondes avant d'émettre''. J'attends 5 secondes puis j'appelle pour dire que ''j'ai bien entendu le message du répondeur qui dit que la zone n'est pas active''... ''correction Delta Charly, c'est actif aujourd'hui''. Oui je sais que c'est actif aujourd'hui ! Mais je vous dis ce que j'ai entendu sur le répondeur etc. Ah, on ne s'ennuie pas ici ! Les gens en bas sont très cool, professionnels, ils ont compris que je dois encore pratiquer pour perfectionner ma ''phraséologie aéronautique'' et la voix à la radio respire le calme et la sérénité, ce qui me décontracte réellement, et rompt, pour un temps, mon isolement en l'air. Par contre je surveille plus attentivement encore ma navigation, peut être qu'en bas ils veulent savoir très précisément quand je sortirais de leur zone. Le radar doit m'arroser copieusement mais j'ai besoin de savoir précisément en même temps qu'eux où je suis ! Alors au moment précis de sortie de zone, j'appelle.
''Delta Charly en sortie de zone pour quitter la fréquence''. Le contrôleur souhaite continuer les manip's avec le répondeur pour être sûr de couvrir une zone légèrement supérieure à la normale, au cas ou une radio de faible puissance comme la mienne, contacterait la fréquence de la base, et pour être sûr que le répondeur débitera son message dans ce cas. OK, continuons encore un peu. ''Delta Charly votre QNH est 1020 vous pouvez maintenant nous quittez, au revoir''. ''Delta Charly 1020 Novembre Hôtel je quitte, merci et au revoir''. Je change donc de fréquence pour revenir sur la fréquence générale d'écoute, afin de continuer mon voyage, tout en recalibrant mon altimètre sur le QNH local.


Saint Florentin-Cheu

Rencontre avec un tracteur
Allez... maintenant j'attaque la forêt d'orient, près du lac de Der. Par sécurité je reste en lisière. Malgré tout, j'aimerais pas avoir une panne moteur ici et je zigzague pour survoler les plus grandes clairières au cas où ! Mais les antiparasites de bougies ondulent gentiment devant moi et ça marche. C'est vrai que quand on pense au nombre de coups de piston dans le moteur depuis le départ c'est impressionnant ! surtout au dessus de la forêt d'orient ! Le chrono et les points de reports (les repères définis d'avance, d'après la carte) confirment que le vent d'Est me pousse un peu plus fort maintenant et d'ailleurs, je sens un peu plus de turbulences. Par contre, la visibilité est extraordinaire, ce qui ne m'empêchera pas de ne rien voir du terrain ULM de Sommevoire, à l'époque, je n'avais pas beaucoup de donnée fiable sur ce terrain. J'avais prévu ce crochet sur le parcours en cas de problème, car, comme vous le savez tous, en avion, la ligne droite n'est pas toujours le chemin le plus sûr ! Finalement, Saint Florentin approche, avec son tour de piste à 1500 Pieds. Je n'entends rien en Auto-Info, rien sur la fréquence para (car ici il y a normalement du largage para). St Florentin a disparu de la surface de la terre !
J'ai la photo du terrain grâce à NAV2000, près de mon log de nav. La carte VAC du terrain est aussi à proximité et enfin, après 1h45 de navigation, je vois arriver le terrain pour une verticale et y découvrir... Un tracteur ! Oui, un tracteur en train de tondre la piste en herbe semble-t-il ! Voilà peut être l'explication de l'absence d'avion en l'air. Bon, ça veut dire que l'herbe est haute et mes appels confirment qu'il n'a personne à la radio du club ni en l'air ! Il faudra donc que je tienne compte de la position du tracteur pour me poser, et m'intégrer pour atterrir quand lui sera tout à l'autre bout du terrain.


Décollage de Saint-Florentin


Pour voler tranquillement, pour soi et pour la famille...

Monopale ? N'importe-quoi !
Un déroutement est peut être un peu exagéré dans ce cas, le terrain est tellement grand ! Eh oui, ça aurait été trop simple ! Pourquoi quand les autres ont juste à atterrir, avec moi cela devient : atterrir en formation avec un tracteur ! Et pourtant, je n'ai rien vu sur les NOTAMs... En fait, c'est quand même très large... Si le tracteur parcourt la distance à 20 km/h que je me pose à 75 km/h, quelle sera la quantité d'essence restant dans mes réservoirs, et l'âge du Capitaine ? C'est encore de l'humour ! Ici il y à de la place en largeur, alors aucun problème majeur en vue. Je pose comme une fleur, normal pour un terrain en herbe me direz vous ! Sauf que c'est le premier atterrissage sur de l'herbe pour l'avion et je ne l'ai pas encore testé. Nous avions évoqué le problème, mais il n'a pas été considéré que c'en était un... L'herbe est effectivement haute, alors que le tracteur entame son ''travers piste'', la bas tout au bout. Au moment ou je me dirige vers la zone planeur du club, je laisse passer le tracteur devant moi, dans un grand bonjour sympa. Sympa aussi Didier qui sera là pour me regarder. Il fait du planeur et moi de l'ULM aujourd'hui, alors, tout va bien entre passionnés des airs, on ne se connaît pas, mais ça n'a aucune espèce d'importance. J'attendrai Marc 1h, allongé dans l'herbe, au soleil, après la visite post-vol et après avoir retiré trois tonnes d'herbe dans les mâchoires de freins... Un petit coup de fil pour Rose-Marie qui a besoin d'être rassurée, puis à Marc pour le prévenir. Tout en ''mâchouillant'' un brin d'herbe, je me pince pour être sûr que je ne rêve pas, j'ai fait la plus longue étape du parcours dans un appareil que j'ai construit, il fait un temps merveilleux. C'est merveilleux ! Malgré tout ce que les esprits chagrins m'avaient dit, les militaires ont été super. Ils ont compris mes limitations en termes d'expérience, car ce n'est pas mon boulot (malheureusement je dois dire !) de voler, et je reste un amateur, éclairé certes, mais amateur quand même ! Je repense à tout ce qu'on a pu dire sur mon appareil ! Vous savez ces tactiles de terrain qui font le tour de l'appareil en tapotant sur l'entoilage, parce que eux, ils savent. Ils s'attribuent le droit de toucher avec un air supérieur, étonnés de ne pas trouver de la tôle sous leur main. ''Il est trop court ... il est trop long ... il a trop de surface ... il n'a pas assez de surface'' on m'a même conseillé une hélice MONOPALE, vous avez bien lu, monopale ! Avec une seule pale et un contrepoids de l'autre bout, c'est paraît-il ce qui offre le meilleur rendement ! Il est vrai que l'on en voit partout, sur tous les avions des monopales ! Le gars en question a défoncé son aile avec son train d'atterrissage un jour de grande chaleur sur la grande piste de Chambley (l'air est plus chaud aux abord d'une piste en béton, ça porte moins, même les modélistes savent ça !) et son premier vol avec passager s'est soldé par beaucoup de choses à recoller. Mais c'était ''un cisaillement de vent'' (d'après l'intéressé) la cause évidente ! Faut la trouver cette excuse à une faute de pilotage ! Peut-être qu'avec une monopale ça ce serait bien passé ? Un constructeur amateur doit aussi, en plus d'être rigoureux lors de la construction, supporter tous ces très bons conseilleurs, pour qui, tout est toujours facile, ceux qui veulent vous apprendre à respirer comme je dis souvent... Ca fait 57 ans que je respire, mais il y à toujours quelqu'un pour vous enseigner ''SA'' vérité, sans connaître les deux bouts de vos problèmes à résoudre ! Ce sont des gens sûrs d'eux... Ces gens là sont toujours très sûrs d'eux et ont une excuse à tous leurs comportements, me semble-t-il. Il n'empêche qu'il se pilote très bien mon appareil, avec très peu d'effet induit parasite et ça vaut de l'or. Il faut être juste et dire que j'ai des amis, des vrais, qui ont été là pour m'encourager et retendre le ressort quand j'en avais marre, parce qu'un projet de construction, c'est long, et j'avais besoin d'eux à ces moments là. Un bruit de moteur sur la route... C'est Marc qui arrive, avec l'huile, les bidons d'essence, etc. Le plein est refait, car je brûle du mélange, nous contrôlons les logs de nav et les cartes concernées par le trajet vers Aubigny-sur-Nère, la prochaine étape. Route GPS activée, chrono à zéro, roulage en bout de piste (tondue maintenant) alignement, suivi du décollage sans problème, avec le bruit caractéristique de ce qui reste d'herbe sur les roues. Dernier survol du tracteur, puis Cap à l'Ouest.


Le terrain d'Aubigny-sur-Nère

Une route bosselée
Ce trajet se passe sans aucun problème, en passant bien au large d'Auxerre, puis verticale Briare.Un peu plus loin, j'aperçois une centrale nucléaire à droite et une centrale nucléaire à gauche. Je regarde si je deviens vert fluo ! Mais non ! Juste de plus en plus de turbulences dont une très sèche qui me sortira la main gauche de la poignée de gaz. Diable ! La route est bien cabossée par ici. Quelques rafales par l'arrière rattrapées gentiment ''aux pieds'', du plaisir quoi. Pendant un certain temps (après avoir été très fortement secoué au cours d'une leçon un jour d'orage, pourtant assez loin) je craignais beaucoup les turbulences, mais maintenant, ça va. Ce jour là, la leçon à été raccourcie immédiatement et j'ai compris qu'en plus d'être prudent au départ, il fallait aussi être vigilant pendant tout le vol, les choses peuvent évoluer vite. Ce jour là, mon instructeur et moi, nous avons été croisé par un paquet de foin qui montait d'un champ à la verticale, et qui nous en a dit long sur l'ascendance qui nous soulevait. Malgré tous mes efforts d'élève, je n'ai pas réussi a m'extraire de ce courant aérien vertical violent, et c'est mon Instructeur qui a sauvé la situation. Ce sont ces situations dangereuses qui forgent un lien particulier entre un élève pilote et son Instructeur ! Bon, maintenant, Aubigny doit être très proche. Finalement, je reconnais ''la forêt'' d'après mes photos aériennes de terrain. La forêt, c'est une chose, mais le terrain, c'en est une autre. Cette piste est littéralement enchâssée dans les bois en une belle bande goudronnée de mille mètres de long, et je la découvre au dernier moment, juste avant la vent arrière qui m'amène naturellement dans le sens ou il y a le plus de turbulences à l'atterrissage, à cause précisément des arbres ! La carte VAC le précise d'ailleurs. Comme j'ai été bien secoué en fin de ce trajet, un peu plus, un peu moins, c'est pas grave je vais juste majorer un peu ma vitesse en prenant une pente de descente un peu plus forte, comme ça, je resterais moins longtemps dans les rouleaux créés par les arbres au seuil de la 06. Ça marche, et me voilà en train de rouler et de décélérer sur cette belle piste sans taxiway, tout en ouvrant tout grand la porte de l'habitacle. Je me gare ''là ou ça va bien'' sur le parking et je descends tranquillement. Pas un chat ! Au bout d'un petit moment, quelqu'un arrive de je ne sais où, avec une aide respiratoire en bandoulière, je veux dire par là une bouteille d'oxygène médicale. Très sympa, il me dit qu'il m'a entendu arriver avec mes annonces radio. Il doit être 14 h et je commence à être crevé. Je n'ai rien mangé ni bu depuis ce matin, mais j'ai le cerveau ailleurs et je n'arrive pas à avoir envie de quelque chose pour mon estomac ! J'attends Marc tranquillement, après lui avoir téléphoné, car je sais qu'il détermine une heure de posé probable et je sais qu'il s'inquiète une fois l'heure passée. Il me dira plus tard son sentiment que ''les dés sont jetés'' quand je décolle pour une étape, car, lui ne sait plus rien de ce qu'il se passe en vol.


Marc en vol près des Alpes

Marc : mon soutien indispensable
C'est très stressant dira-t-il ''arrivée, de connaître l'heure théorique d'arrivée et d'attendre les minutes qui suivent, que le téléphone sonne. J'aimerais atteindre Loudun dans le milieu de l'après midi, mais depuis le départ c'est beaucoup plus long que prévu, car nous n'avons pas intégré le temps d'attente de la voiture qui transporte les bidons et l'huile pour faire le mélange carburant. Marc doit s'arrêter dans une station pour le carburant, et moi je vole en ligne droite, il n'y a pas de panneaux ''stop'' là haut ! Je connais quelqu'un qui vole en montgolfière. Pour une montgolfière qui vole à 5 km/h le véhicule qui la suit doit rouler à une moyenne de 60 km/h à cause du circuit routier. Enfin, pour l'instant, je suis vraiment crevé. Si la météo est bonne pour le lendemain, je dors ici et je finirais cette traversée de la France demain. Marc arrive finalement une bonne heure après moi et je lui fais part de tout ça ! Il n'y a pas photo, un pilote fatigué est en danger en avion ! Et le seul remède : se reposer et dormir. On finira demain ! Puisque demain, il doit faire très très beau sur toute la France. Mal m'en prend. Donc le beau temps est confirmé et le vent d'Est aussi, en attendant, comme il n'y a pas de place dans le hangar, nous préparons l'avion tranquillement pour la nuit, en commençant par une recherche de piquets pour faire un ancrage au sol.


Amarré pour la nuit derrière le hangar

L'hôtel du pou qui grince
Ensuite, c'est un bon marteau qu'il nous faut, car vu les piquets, il va falloir taper dur ! Nous flânons un peu, quand arrivent trois avions suisses qui font leur tour de France. Il y a un piper J3 qui attire toute notre attention, en effet, il croise à la même vitesse que le mien et son côté rustique me plaît beaucoup. Après renseignements, on prend la voiture pour aller jusqu'au centre d'Aubigny et nous trouvons l'hôtel conseillé par l'aéroclub. Nous réservons deux chambres et retournons à l'aéroclub. Pas mal de gens tournent autour du zinc et nous demandons au président du club, arrivé d'un terrain des environs, où sera la bonne place pour amarrer notre avion. Comme le capot n'est pas encore construit, le moteur est à l'air libre et nous l'emmaillotons avec des grands sacs poubelle blancs ! Nous savons que la rosée du matin n'est pas la meilleure chose pour des bobines d'allumages. Débriefing de la journée, prévision du lendemain, voilà ce qui nous reste à penser pour ce soir. Nous découvrirons que l'hôtel est ''sportif'', il y a une boîte de nuit au rez de chaussé et une fenêtre de ma chambre n'a plus de joint ! Bonjour le bruit ! Mon tee-shirt servira à colmater la fenêtre. Le bruit se calme vers 2 heures du matin, pour reprendre de plus belle dans la rue ou ça se bagarre ! Le lendemain matin, pas reposés du tout, nous attendrons longtemps les propriétaires ''qui devaient être là de bonne heure'' ! Tu parles ! Des charlots oui ! Nous ne partons pas sans payer uniquement à cause de l'aéroclub d'Aubigny qui risque d'avoir des histoires à cause de nous, car tout le monde à l'hôtel sait que nous venons de l'aéroclub ! Décision est prise d'aller au terrain préparer l'avion, pour ensuite revenir râler et payer l'hôtel. Alors, nous voilà partis débâcher l'avion. En chemin, nous ne pouvons nous empêcher Marc et moi de remarquer le bleu du ciel qui pâlit doucement, ce que nous mettons sur le compte du soleil qui monte dans cette belle matinée sans aucun souffle de vent. La rosée du matin a recouvert tout l'avion et un nettoyage sérieux s'impose, puis l'appareil est ramené vers le parking du Club. J'ai un regard persistant vers l'Est, dans le sens où je vais décoller, je me demande simplement, par précaution, si je pourrais me vacher un peu plus loin, en cas de problème au décollage où si la forêt continue encore. En trainant dans les locaux de l'aéroclub, je découvre, bien encadrée et bien fixée au mur, une photo qui me rassure, celle du terrain vu du ciel. Derrière la ligne des arbres, la forêt se termine par un grand champ que je n'ai pas pris en compte en arrivant .Ce sera un problème de moins. Aller, retour vers cet hôtel miteux et après avoir tenté vainement une réduction, je paye la note sans demander mon reste ! Par un effet du hasard, je n'ai que la facture d'une seule chambre sur les deux réservées. Pour un taulier qui ne voulait pas me faire de réduction... ça fait 50%. Justice est faite. Sur la route, désormais familière du retour au terrain, il est impossible de ne pas remarquer la brume qui filtre à travers les arbres du bas côté ; ça ce bouche doucement et le ciel cède sa couleur bleu pâle pour laisser place à un blanc laiteux. A la lisière des pistes, la visibilité s'est totalement dégradée et ce n'est plus ''volable'' selon les règles VFR ; il va falloir attendre. Les trois pilotes suisses attendent eux aussi, les bras croisés, près de leurs avions, immobilisés comme nous. Le brouillard est léger mais présent à environ 50 m d'altitude et c'est insuffisant pour que tout le monde puisse repartir.


La brume à 14 heures

Brume persistante en Sologne
Au loin, un bruit de moteur se fait entendre, très lointain d'abord puis mêlé à un bruit saccadé de plus en plus distinct, pas de doute, il s'agit d'un hélico. Et c'est bien ça, un petit Robinson navigue au ras des arbres pour rejoindre le terrain. Le pilote pose sa machine près de la pompe à essence et descend rapidement pour faire le plein. Il semble particulièrement pressé ! Son passager, après avoir maladroitement retiré son casque radio, s'extrait difficilement de l'appareil pour se diriger droit vers la lisière de la forêt, il est blême et doit satisfaire d'urgence un besoin naturel ! Après coup, tout le monde reconnaît un animateur télé connu d'une émission encore plus connu, où l'on manipule des chiffres et des lettres... Je lui demande simplement ce qu'il fait par un temps comme ça dans le coin et, il m'avoue qu'il a une trouille bleue de voler à ras des arbres ici, et de voler tout court d'ailleurs.
Sa production le transporte d'urgence à Amiens ! Je me prends à penser qu'il aura le temps d'avoir encore des ''envies'' d'ici la fin de son parcours ! En attendant, le plein de l'hélico à été fait et le pilote nous demande de dégager l'axe de son décollage, car il n'y aura que très peu de prise d'altitude avant la translation, l'appareil est chargé et il y à ce brouillard un peu plus haut, donc, ce sera un décollage à ras des arbres. Tous, nous sommes attentif au passager de cet hélico, il tire une tête comme un chrétiens qu'on emmènerait se faire bouffer par des lions ! Nous, on aimerais voler en hélico, à ras des arbres ! La Suisse s'impatiente comme nous des conditions météo, surtout que la brume n'est présente qu'ici paraît il, Météo-France consultée confirmera qu'ailleurs, toute la France est enveloppée d'un très grand beau temps ! Le technicien de la station météo, devra même zoomer sa carte satellite pour nous croire quand nous lui parlons de brume à Aubigny. Ca se lève un peu, mais très lentement. Cela va durer ainsi jusqu'au début d'après midi, je suis incapable d'avaler quoi que ce soit le midi, cette situation m'agresse littéralement ! J'ai bien essayer de décoller, mais je suis revenu aussitôt, devant une visibilité dégradée et surtout, en ayant peur que ''ça se referme derrière moi''. Les suisses décollent finalement, le piper J3 bien après les autres, comme moi il n'a pas d'horizon artificiel sur son tableau de bord et il faut être prudent, ''Security first'' dit il ! Comme il a raison. Je commence à douter de mes capacités à sortir d'ici quand finalement, deux pilotes venus en vol, avec un superbe Sirus 300 ch, m'expliqueront la particularité des étangs de Sologne, tous très proches, et la nécessité de quitter le terrain maintenant, parce que demain, ce sera pareil, les étangs des alentours génèrent de l'humidité qui se condense, et il n'y a pas un souffle de vent pour dissiper tout ça. Il faut atteindre un autre terrain, maintenant !


Rencontre : un Twin Star en tenue de camouflage

Quand faut y aller...
Nous préparons tout, et c'est parti pour l'étape vers Loudun, il est déjà tard, et je n'atteindrais pas la fin de cette traversée de la France ce soir, je ne serais pas à destination ce soir, seulement à 135 km de l'arrivée. Encore une nuit d'hôtel en vue. En l'air, je remarque qu'effectivement, la visibilité s'améliore à mesure que je m'éloigne d'Aubigny si j'avais eu plus d'expérience dans ce genre de situation, je serais parti plus tôt. Sur ce trajet, je dois faire un important détour aux alentours de Romorantin, une ZIT y a été créée pour laisser la place aux championnats de France planeur. C'est du grand n'importe quoi ce soir à la radio avec certains pilotes planeur et je ne peux même pas informer de ma présence au bord de la ZIT, c'est une cacophonie incroyable par moment. Les superpositions de conversations engendrent des interférences importantes... je n'insiste pas. Après avoir diminué sensiblement le volume dans mon casque radio, je me concentre sur ma navigation et sur ce que je peux voir dehors. Il y a effectivement beaucoup de planeurs dans le coin. J'en compterais jusqu'à 15 qui doivent chercher à rentrer à Romorantin. Voir et éviter, telle est la règle ! De plus, je ne peux compter que sur mon Log de Nav, cet aide mémoire préparé pour l'étape, et sur mon fidèle GPS Garmin, car les cartes sont restées dans la voiture de Marc ! Trop tard pour faire demi-tour, il est sans doute déjà sur la route pour Loudun. Je prends un repère le plus loin possible sur l'horizon et je chemine comme ça, collé aux indications du GPS. Il me donne le temps restant, la distance pour rejoindre la piste la plus proche, ma vitesse sol etc. En vol je repense aux pilotes que j'ai rencontré à Aubigny, tous très intéressés par mon périple et par le travail réalisé sur l'Himax. Je survole le radiotélescope de Nançay, un peut surpris par son apparence vu du ciel : on dirait un gros échafaudage. Les champs de melons, recouverts de rangées de bâches plastique, à l'approche de Loudun, provoquent ''des thermiques'' ascendantes, et rien qu'avec le variomètre qui enregistre les mouvements verticaux de l'avion, je pourrais compter les champs ! C'est le signe que Loudun approche, d'ailleurs, j'aperçois le clocher du village au loin. J'utilise ma radio pour informer dans les règles, les éventuels avions dans le circuit du terrain, de mes intentions. Il y a un vent soutenu. Trahi par le comportement de l'appareil et par la différence entre la vitesse air et la vitesse sol calculée par le GPS, je me fais avoir en dernier virage qui doit m'amener face à la piste, n'ayant pas assez corrigé en étape de base le vent de travers, je dépasse l'axe de piste. Je suis carrément à droite de l'axe de l'atterrissage. Deux corrections successives m'amènent en finale. Je stabilise ma trajectoire, malgré le vent plutôt fort, bien au milieu de cette belle piste en herbe. Poser ''le manche dans le vent'' léger décrabé à 'arrondi, voilà tout ce que j'adore ! Pour rentrer au parking, je passe devant un bimoteur aux lignes futuristes, un Diamond Aircraft Twin Star, qui attends sur le terrain (à l'abri des journalistes) sa présentation prochaine au mythique salon du Bourget !



Vent d'Est soutenu
Je descends du zinc, pendant que quelqu'un approche du côté des hangars. Il a entendu mes messages radio et vient voir en connaissance de cause, puisque c'est ni plus ni moins que l'instructeur du Club de Loudun. Il me propose une place de hangar libre pour la nuit car un avion vient de partir dans l'après midi et ne rentrera pas cette nuit ! Super ! Et puis arrive Clément, dans les bras de sa mère, parce qu'il veut voir ''le petit avion militaire'' avant d'aller au lit ! Hé oui, avec sa peinture camouflage et les bandes de débarquement, c'est forcément un ''petit avion militaire''. Clément se déclare ''futur pilote d'hélicoptère militaire'', comme quoi, les vocations se forgent très tôt ! Autour d'un verre au bar du Club je regarde Marc arriver à fond de train en voiture, et nous parlons de nos projet de demain. Surtout, il nous faut un hôtel calme pour la nuit. Il sera très calme ! Le patron nous conseille de manger dans une pizzeria ''au feu de bois''. C'était un conseil éclairé. Nous avons même droit à une réduction parce que nous sommes logés à l'hôtel ! Voilà une bonne collaboration entre commerçant. La nuit est excellente, et donc reposante. A l'aéroclub de Loudun, une liaison Internet est à notre disposition et nous savons que demain, il fera beau mais avec un bon vent d'Est. Après une bonne nuit et un petit-déjeuner à la hauteur de notre appétit, nous arrivons à l'aéroclub de Loudun après avoir ''cherché un peu'' l'itinéraire. Pendant que nous sortons l'Himax, la météo est consultée, pour constater un fort vent d'Est, qui me poussera bien sûr, mais qui demande certaines précautions au décollage. Après un briefing des conditions avec l'instructeur, nous décidons d'y aller ! Il faudra monter et voler là où l'atmosphère sera plus calme, là où l'écoulement du vent ne sera pas perturbé par le relief au sol. Au moment ou je boucle ma ceinture et prépare mon casque radio, un pilote ULM du Club, arrivé sur l'entrefaite déclare : ''oh moi ! je ne vole pas avec un vent pareil !''. J'entends Marc qui essaye de le faire taire, pour éviter de rajouter un stress inutile à mon dernier trajet... Mais j'ai bien entendu. Décollage court, grâce au vent de face, puis 180°, direction, plein Ouest ! Marc me diras plus tard que, lorsque je me suis retrouvé vent dans le dos, ma vitesse s'est accrue de façon spectaculaire, vu du sol. Quand à moi, dans l'Himax, je suis bien secoué, alors je grimpe doucement sur ma trajectoire, jusqu'à ce que je retrouve un vent plus ou moins laminaire. Je vais trouver la couche laminaire, à une altitude que j'estime être de 3000 ft environ. Ma navigation me fait survoler le terrain de Montaigu où il n'y a strictement aucune activité. La vitesse sol, calculé par le GPS et la vitesse indiquée par l'avion verrons leurs différence égale à 40 km/h, effectivement, il y a du vent ! Cela doit faire environ 20 à 25 km/h au sol. Tant mieux, finalement, car le terrain d'arrivée sur cette dernière étape ne mesure que 250 m de long et est en pente lorsque l'on regarde l'Est. Je dois précisément me poser face à l'Est et ce vent m'aidera à avoir une vitesse sol plus faible. Bref, j'approche de la TMA2 de Nantes, une zone où les avions de lignes commencent à descendre vers l'Aéroport de Nantes-Atlantique, et je n'ai vraiment pas envie de me retrouver au milieux d'eux (je n'en ai d'ailleurs pas le droit sans transpondeur pour faciliter le contrôle aérien). J'entame ma descente sous cette TMA, à 1500 ft donc, puis mon GPS m'indique qu'il ne me reste qu'un kilomètre avant d'arriver. J'ai beau chercher, je ne vois rien qui ressemble au terrain de la Possardière... J'y suis allé souvent en voiture, mais de là haut...


La piste au centre

Je l'ai fait
Finalement, la meilleure solution, malgré les indications du GPS qui m'indique l'arrivée, sera de faire une ''erreur systématique'', il ne servirait à rien de tourner en rond. Je vais me diriger sur le village de Paulx que j'aperçois et que je sais tout proche du terrain, ensuite je suivrais la route que je connais bien pour l'avoir souvent empruntée en voiture. J'ai bien prévu un terrain de dégagement à Beauvoir, bien que ce soit un terrain privé, un autre dégagement à Frossay et même à la Baule-Escoublac, mais ce ne semble pas nécessaire encore. Au dessus du village, identifié avec certitude, je fais un demi tour pour retourner vers le terrain en suivant la route qui serpente au sol.
Deux minutes plus tard, le terrain de la Possardiere me saute aux yeux cette fois !
Je me prépare à un atterrissage sportif, sur la piste près des hangars de la ferme (la Possardière, c'est d'abord une ferme), car ça doit ''turbuler'' au sol avec ce vent ! J'oublie la piste qui descend légèrement et me tiens prêt à remettre les gaz si ça se présente mal. Mieux vaut interrompre l'atterrissage, même très bas, plutôt que de prendre le moindre risque. Mais non, tout se passe bien, malgré des corrections indispensables et très ''sèches'' à ras du sol ! La turbulence est bien là ! Je pose immédiatement au seuil de cette piste courte, debout sur les freins sitôt la roue avant posée et voilà : je l'ai fait ! Demi-tour vers les hangars, où mon ami Claude, égal à lui même viendra m'accueillir dans ses installations.


A l'arrivée à la possardière

Une nouvelle vie
Un coup de fil à Marc, à Rose-Marie. Il est 11h et j'attendrais Marc pour rentrer à la maison, à Saint-Père-en-Retz, après une traversée pour rapatrier mon ''rêve de gosse'' dans l'Ouest ! L'oiseau est désormais en sécurité dans son hangar à la Possardière, le parachute pyrotechnique de dernier recours n'as pas été nécessaire, il aura servi à tranquilliser toute la famille ! L'installer, c'est aussi une quiétude pour ceux qui restent au sol, je l'ai déjà dit. Je ne peux pas terminer ce récit sans remercier tous les acteurs de cette équipée, car, c'en était une et, tout particulièrement, Marc qui m'a soutenu, comme toute la famille, mais aussi conseillé.



Texte et illustrations Jacques Foucher
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