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Technique


Fabriquer une manche à air

La biroute et le couteau


La manche à air est l'accessoire indispensable d'une piste fréquentable. Voici une solution simple et économique pour en réaliser une à moindre coût.


Faire simple
Parce qu'elle est notre repère de sécurité, la manche à air doit être fiable. On peut opter pour un dispositif basique qui répond à une maxime d'évidence "plus c'est simple, moins ça tombe en panne", ou pour un produit plus sophistiqué dont l'infaillibilité dépend de la qualité de fabrication, donc du prix. Les choses simples me plaisent, sauf quand elles sont abusivement rustiques ou honteusement coûteuses. J'ai donc décidé de fabriquer une manche à air "technique" en utilisant des matériaux économiques ou des objets de récupération.

Un cul de marmite et deux imperméables
Ce que je crée viens généralement de la récupération. Selon moi, le recyclage exerce notre intelligence et permet de rester en éveil face aux dérives de la consommation ; même pour des passionnés de loisirs coûteux comme nous le sommes... Une manche à air, par exemple, peut naître de la mort d'autres objets : une marmite en alu, un (ou deux) K-Way, une chambre à air, une vieille roue de scooter et la quille d'un ULM chiffonné. Il faut ajouter un peu d'huile de coude, de jugeote et l'accès à un outillage adapté. La manche est constituée d'un tissu léger déperlant : un coupe-vent fait idéalement office. Demandez à votre maman couturière de récupérer cette toile rouge et d'en confectionner une chaussette d'un mètre de long, pour un diamètre décroissant de 40 à 18 cm. Un liseré solide permettra de clipper les 24 oeillets ø 6 mm. Je recommande de teinter l'extrémité pour une meilleure indication du sens du vent (vu du ciel). La marmite est découpée à la scie sauteuse suivant un tracé asymétrique pour parfaire l'effet girouette. L'aluminium de 3 mm sera doublé et riveté aux endroits stratégiques pour éviter la fatigue. La chaussette pouvant se déchirer au contact du métal, je conseille d'insérer des bandes de caoutchouc (chambre à air) avant de visser sous de larges rondelles.


C'est dans les vieilles marmites qu'on fait les meilleures manches ! Celle-ci mesure 40 cm de diamètre, faite d'aluminium embouti épais de 3 mm.


Tout est fait pour éviter l'usure du textile (mouvements incessants) ; outre la lèvre en caoutchouc, un liseré solide reçoit les rivets à visser.

La dé-z-invention de la roue
De la roue, on ne garde que le moyeu. Il faut dégrossir à la scie et finir au tour à métaux. Ayant dégoté une quille de Weedhopper JC24 accidenté, j'adapte le diamètre du moyeu en conséquence. Les roulements à billes sont démontés, lavés et graissés pour un fonctionnement doux et lisse. L'axe de la manche est une simple tige filetée M20 électro-zinguée. Six écrous positionnent les pièces entre elles. Afin d'éviter toute infiltration d'eau préjudiciable aux roulements, j'improvise une cloche étanche dans une cartouche de filtre à huile automobile. Le moyeu est inséré dans le mât (la quille), puis bloqué avec des vis collées (étanchéité). La manche et son mât sont prêts. Chacun peut imaginer le moyen de fixer verticalement le mât. On peut opter pour un scellement au sol, ou un dispositif articulé afin ériger la manche à l'aide d'un procédé mécanique. Pour ma part, j'ai choisi d'enfiler ce dernier sur un tube d'acier soudé au châssis du ''porte-avion''. Je préconise par ailleurs d'antivoler simplement, par exemple à l'aide d'un cadenas marine ou moto au travers du mât, relié à une chaîne ou un ergot. En effet, l'aluminium vaut cher et certains ''voyageurs'' n'hésiteront pas à voler cet élément de sécurité pour s'enrichir de quelques euros.


Après usinage, la roue de cyclo est chemisée et ses roulements graissés et collés pour assurer l'étanchéité.


L'assemblage très simple est protégé de l'eau par une cloche de filtre à huile automobile.

Combien ça coûte ?
Bon... Résumons-nous. La marmite a été achetée 1 euro chez le ferrailleur local. La roue de scooter récupérée à la décharge n'a rien coûté. La quille de weedhopper tordue n'a de valeur que le poids de l'aluminium. Elle m'a été donnée par un club ULM. Les vieux imperméables sont extraits du tiroir aux malices de ma petite nièce. Mais un morceau d'étoffe équivalent (genre tissu à K-Way) vaut environ 5 euros au marché St Pierre (Paris). La chambre à air est trouvée à la décharge, comme le filtre à huile qui sert à l'étanchéité. La visserie Inox achetée en sachets en grande surface spécialisée revient à environ 8 euros. La chose aura coûté une quinzaine d'euros. En période de vol, elle flotte au vent depuis 2004.


L'empilement de pièces est bloqué par une tige filetée de 18 mm. Les ajustements doivent être précis pour éviter les infiltrations d'eau. Un peu de graisse insoluble évitera ces dernières.


Après introduction dans le mât - un tube d'alu provenant d'un étambot de Weedhopper - le fourreau équipé est bloqué par trois vis rendues étanches par collage.


La manche à air sera enfilée sur un tube métallique diamètre 60 mm soudé sur le châssis du ''porte-avion''.


Les imbéciles malveillants sont partout : mieux vaut prévenir que guérir.


La manche à air complète pèse moins de 10 kg. Pas besoin de forcer pour la mettre en place.
Cela ne prend que quelques secondes
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Voilà une jolie manche à air artisanale qui n'aura coûté qu'une poignée d'euros.
Sachant qu'elle n'est érigée qu'en période de vol, elle flotte au vent depuis 5 ans sans aucune intervention.

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